Les procès

Dans le cadre de la campagne #RogerWakeUp, plusieurs types d’action ont eu lieu, sur internet, dans la rue, ainsi que dans certaines succursales du Credit Suisse.

Dans plusieurs cas des plaintes ont été portées contres les lanceuses et lanceurs d’alerte qui participaient à ces actions, menant à plusieurs procès dont la portée dépasse bien sûr les simples chefs d’accusation qui sont retenus contre les activistes.

Procès "Mains rouges"

Samedi 13 octobre 2018 et dans le cadre de la Marche pour le Climat à Genève, une vingtaine d’activistes ont apposé des rapports de l’IPCC aux murs d’une succursale du Credit Suisse, accompagnés d’empreintes de mains rouges symbolisant la responsabilité de la banque dans le dérèglement climatique.

Cette dernière a décidé de porter plainte contre l’un des participants dont l’identité avait été relevée, pour dommage à la propriété, lui réclamant 2’250.- Chf  pour le changement de deux plaques et le nettoyage des empreintes de mains rouges.

Le ministère public l’a de son côté condamné à 600.- d’amende ainsi que des frais de justice, soit plus de 1’000.- Chf.


Plusieurs collectifs et de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le prix Nobel Jacques Dubochet, ont cosigné une déclaration de soutien à son attention.

Lors du procès l’avocate Maître Laila Batou a demandé l’acquittement en plaidant l’état de nécessité et en s’appuyant sur le non-respect des Accords de Paris pour justifier l’action.

Contrairement à la justice vaudoise, le tribunal genevois n’a pas reconnu l’état de nécessité mais a toutefois diminué l’amende à 300.- Chf. Les 2’250.- Chf de frais de nettoyage sont par contre maintenus.

Procès "RogerWakeUp"

Les actions

Jeudi 22 novembre 2018, des actions ont eu lieu de manière coordonnée dans les villes de Bâle, Genève et Lausanne. Une cinquantaine d’activistes sont entré·e·s dans les succursales du Credit Suisse, vêtu·e·s en joueuses et joueurs de tennis, portant un filet sur lequel figurait « Si Roger savait ».

L’objectif médiatique de l’action consistait à attirer l’attention sur les investissements de la banque en demandant au champion de tennis suisse Roger Federer (largement utilisé par la banque pour ses campagnes publicitaires) s’il était au courant et cautionnait les agissements de son sponsor.

Le Credit Suisse a porté plainte pour violation de propriété privée contre plusieurs dizaines de participant·e·s des actions de Genève et Lausanne.

Le procès de Lausanne

Le procès des activistes de l’action de Lausanne s’est tenu les 6 et 7 janvier 2020. 13 avocates et avocats dont deux anciens bâtonniers les défendaient bénévolement. Ni le Credit Suisse ni le procureur ne se sont déplacés pour l’audience.

Les activistes faisaient appel de leurs condamnations — lesquelles totalisaient 21’600.- Chf d’amende — en invoquant l’état de nécessité. Sur les douze témoins qui étaient demandés par la défense et qui s’étaient présenté·e·s au procès, le juge en a accepté trois.

Ce dernier a rendu son verdict le 13 janvier à travers un jugement de 59 pages dans lequel il a reconnu que la « violation de propriété privée » était rendue nécessaire par la situation climatique, et que les activistes avaient donc agi en toute légalité.

Le lendemain du jugement, le procureur général du canton de Vaud annonçait faire appel de la décision. Le procès de l’appel aura lieu les 22 et 24 septembre 2020. 

Le procureur général a fait appel du jugement posé sur la plainte du Credit Suisse à l’encontre des activistes. Le prochain procès opposera donc les activistes à l’état, lequel prenant ainsi la place — et la défense — du Credit Suisse.