Communiqué de Presse du 21.12.20

Le Credit Suisse échoue à décider d’actions à la hauteur de son implication dans la crise climatique et à sortir du double-discours

 
Réitérant son engagement à respecter l’objectif de l’accord de Paris, le Credit Suisse annonce des changements internes, l’établissement de « Cibles Basées sur la Science d’ici 24 mois », un horizon général d’action « dans les décennies qui viennent » et une augmentation de ses investissements en direction des énergies renouvelables [1]. 

Le constat récemment dressé par l’OFEV et la pression exercée par le mouvement climat Suisse pousse l’équipe de direction de la banque à tenter de donner le change [2]. Néanmoins, ces annonces sont basées sur un horizon temporel beaucoup trop vague et tardif ; aucune nouvelle politique d’exclusion susceptibles de les rendre un tant soit peu crédibles ; et participent au double-discours de la banque devenu sa marque de fabrique face à la crise climatique

En effet, tout en annonçant qu’elle s’efforce de respecter les objectifs de l’accord de Paris, le Credit Suisse finance massivement des secteurs comme l’extraction du gaz de schiste, l’exploitation violente du gaz et du pétrole en Afrique, ou le trading du pétrole amazonien via son soutien à des entreprises comme AngloAmerican, Total ou Apache Corporation. Il est la première banque européenne dans le financement des entreprises états-uniennes de l’industrie du fracking [3]. La seconde dans le commerce du pétrole amazonien [4]. Il est enfin impliqué dans la grave crise due à la dette illégale et corruptrice au Mozambique sur fond de ruée violente sur les gisements de gaz du pays [5]. 

Le Credit Suisse répète régulièrement que sa participation aux secteurs des énergies fossiles lui permet d’agir de façon positive sur ce secteur. Alors qu’il a signé les engagement Climate Action 100+ en tant que gestionnaire d’actifs il n’a soutenu de 22 % des résolutions orientée climat au sein des Assemblées Générales des émetteurs majeurs de carbone dont il possède des parts. Il est classé 72 sur 75 gestionnaires d’actifs dans le monde par ShareFinance [6]. 

Par ailleurs, la banque a annoncé l’année dernière à la même époque, puis en juin dernier, sortir du financement du secteur du charbon [7]. De plus, elle s’est engagée au coté de plusieurs investisseurs internationaux à ne pas participer au soutien de la multinationale du charbon Adani cherchant à exploiter la mine de Carmichael. L’analyse de l’ONG Market Forces révèle qu’elle a bondit sur le financement d’Adani Ports and Special Economic Zone, dont l’une des filiales l’entreprise Bowen Rail Company développe le système de transport du charbon de la mine jusqu’au port [8].

Enfin, la banque dit construire sa politique climatique « avec des ONG » mais elle traine en procès les jeunes activistes du climat dénonçant ses pratiques désastreuses pour le présent de centaines de millions de personnes et notre avenir commun. Plusieurs procès auront lieu cette année. L’un d’entre eux est celui de l’occupation pendant quelques dizaines de minutes de l’entrée de son siège à Zurich durant l’été 2019. Un autre concerne le recours intenté par la banque suite au procès de Nicolas dans l’affaire des Mains Rouges à Genève [9]. 

Pour toutes ces raisons, et jusqu’à ce qu’il décide d’une action rapide et efficace, le Credit Suisse reste l’un des principaux contributeurs de la Suisse à la catastrophe climatique, qui doit être contrecarré le plus rapidement possible. C’est pourquoi, malgré la pandémie actuelle et en s’adaptant aux restrictions, la banque est l’une des principales cibles du cycle d’action « Merry Crisis » qui se déroule les 21 et 22 décembre dans la ville de son siège, Zürich.
 
BreakFree Switzerland / Collective Climate Justice / Fossil Free Switzerland / Extinction Rebellion Switzerland  / Klimastreik Schweiz – Grève du Climat Suisse
 
Sources